S'il
est impossible de dater la fondation du village d'Arcangues (Arrangoitze
en basque), on sait que le village possédait plusieurs
maisons fortes dès 1150. C'est à cette époque
que sont mentionnés pour la première fois les "Seigneurs
d'Arcangues" dans divers documents officiels.
Il reste très peu de traces écrites sur les années
suivantes, mais plusieurs allusions dans des pièces d'autres
villes témoignent qu'Arcangues à souffert des pillages
perpétrés par les routiers Castellans pendant les
années 1438 et 1447 (en pleine guerre de Cent Ans).
En 1517, le village est durement touché par la grande épidémie
de peste qui ravage toute la région. S'ensuit une période
relativement calme et, en 1614, la charge de procureur du roi
est confiée à Laurent d'Arcangues. Sa fonction était
d'appliquer les ordres du roi et du parlement dans le pays. Cette
charge fut ensuite transmise à son fils, Jean d'Arcangues.
C'est alors la guerre de trente ans (1635-1665) entre la France
et l'Espagne. Un moment difficile pour le village lorsque l'armée
d'Espagne envahit le pays et marche vers Bayonne. De nombreux
habitants fuient alors leurs maisons et délaissent biens
et récoltes.
En 1653 éclate une guerre civile entre Sabelchourris et
Sabelgorris. Il s'agit en fait d'un conflit entre deux puissantes
familles du Labourd, celle des Seigneurs d'Urtubie (soutenue par
le roi) et celle des Seigneurs de Saint Pée (soutenue par
le parlement établit à Bordeaux). Le château
d'Arcangues est pillé lors de ces affrontements, qui s'arrêtèrent
finalement en 1660 suite à un arrêté du roi.
Les habitants du village connaissent alors une période
tranquille jusqu'à la Révolution Française,
qu'ils supportent avec un certain enthousiasme. En 1794, la sombre
période de la terreur voit le vote d'un décret qui
réunit trois communes (Arcangues, Bassussary et Arbonne)
en une seule sous le nom de Constante. Et surtout l'instauration
d'une politique de dechristinisation. A cet égard, le curé
d'Arcangues refusa, à l'instar de nombreux autres, de prêter
le serment de fidélité "à la Nation,
à la Loi et au Roi". Il fut alors contraint à
se réfugier en Espagne. Les objets précieux de l'église
furent peu après enlevés, y compris les trois cloches.
En 1795, avec la fin de la terreur, le culte fut à nouveau
autorisé.
En 1793, une nouvelle
guerre est déclarée avec l'Espagne. Arcangues ne
fut pas directement touché, mais participa à l'effort
de guerre.
En 1806, Napoléon Ier aurait passé
une nuit au Château d'Arcangues, bien que les documents
officiels en attestant soient assez confus sur la date exacte
de ce passage...
En 1813, Arcangues est envahit par les troupes alliées
(anglo-hispano-portuguaises). Paradoxalement, ce sont les troupes
françaises en déroute qui causeront le plus de dommages
par leurs pillages.
Afin de mieux superviser les engagements, le général
Wellington qui menait l'armée ennemie, s'installa au château
d'Arcangues et y resta plusieurs semaines. De l'avis de ses hôtes,
il fut un "invité" des plus courtois ! De
violents combats se déroulèrent alors à Arcangues
et aux alentours, jusqu'à la victoire finale de Wellington
qui força la retraite des troupes Françaises en
1814. Napoléon Bonaparte abdiquera un peu après,
le 6 avril 1814.
De nombreux habitants d'Arcangues périrent pendant la guerre
de 1914-1918 (plus de 50 habitants furent tués, ce qui
est considérable pour un village de cette taille).
En 1936, la guerre civile d'Espagne amena certaines familles à
franchir la frontière et se réfugier en France.
Quelques familles s'installèrent ainsi définitivement
à Arcangues.
La guerre mondiale de 1939-1945 fut relativement moins meurtrière
que la précédente, et on relève 5 morts du
village durant ce conflit. Au début de la guerre, Arcangues
accueillit un certain nombre de familles juives ou d'origine étrangère
qui fuyaient la guerre. Heureusement, toutes ces familles purent
être évacuées avant l'entrée des troupes
allemandes dans le village le 1er juillet 1940.
D'après-guerre à nos jours, Arcangues a vu la construction
de plusieurs bâtiments importants, un théâtre
en 1967, un trinquet en 1986 et plus récemment un golf
qui jouxte le village.
En 1970, Luis Mariano, ami de Pierre d'Arcangues, fut enterré
conformément à ses souhaits dans le cimetière
du village. On peut y voir la sépulture du célèbre
ténor basque, ornée d'une stèle très
simple et toujours fleurie.
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