Les débuts de ce XVIe siècle sont assez mouvementés.
Dès 1512, les castillans, alliés aux anglais, règlent
leurs comptes avec le royaume de Navarre (alors allié aux
français). Pour faire bonne mesure, ils envahissent aussi
le Labourd en passant par Saint-Jean-de-Luz, mais sont (encore
une fois...) arrêtés à Bayonne. Le conflit
s'achèvera l'année suivante par un traité
signé au château d'Urtubie.
Les
années noires se suivent alors. La ville subit une terrible
peste pendant les années 1515 à 1519. Quelques
années après, la guerre est rallumée entre
France et Espagne et la ville doit accueillir les garnisons françaises.
Celles-ci, en 1521, connaissent plusieurs succès et s'emparrent
de Fontarrabie. Mais la réaction ibérique
ne se fait pas attendre, et en 1523 les troupes espagnoles envahissent
le Labourd, pillent Ciboure et Saint Jean de Luz (en brûlant
quelques maisons pour parfaire le tableau...) avant de capturer
François Ier, roi de France, lors de la bataille de Pavie
en 1525.
| La
ville frontière de Fontarrabie en Espagne |
Mais
ne nous inquiétons pas trop pour le malheureux monarque.
Après de longues tractations, il fut convenu que le prix
de sa libération serait d'un million deux cent milles écus,
complétés par la province de Bourgogne. Pour garantir
le versement de cette rançon assez faramineuse (imaginez
qu'une trentaine de chariots furent nécessaires pour le
transport !), le roi fut échangé avec ses deux
fils sur la Bidassoa, une petite île à la
frontière de l'Espagne et de la France.
De retour vers Paris, François Ier s'arrêtera à
Saint-Jean-de-Luz et y fêtera sa libération. Par
la suite, le convoi, bien gardé, passera par la ville en
direction des coffres espagnols.
Mais la trêve est de courte durée. De nouvelles guerres
éclatent entre français et espagnols, entraînant
comme à chaque fois son lot de malheurs. C'est le cas en
1542, mais surtout en 1558. La ville est pillée
durant neuf longues journées. Les maisons sont détruites
ou brûlées. Il ne restera de la cité que quelques
ruines fumantes et les fondations de l'église. La paix
fut signée un an plus tard, en 1559.
Il faut tout reconstruire. Charles IX et Catherine de Médicis
séjournèrent en 1565 dans la ville et accordèrent
des sommes importantes pour accélérer les travaux,
surtout pour ce qui concernait l'activité maritime. La
remise en état des quais venait en priorité.
Car, malgré ces drames, le port de Saint-Jean-de-Luz était
de plus en plus actif. Chasse à la baleine et pêche
à la morue occupant des milliers de personnes sur près
d'une centaine de navires ou aux chantiers navals. Les campagnes
de pêche entraînaient les marins jusqu'aux rivages
de l'Islande ou du Canada (surtout à Terre-Neuve, certains
fondant même quelques petits villages-refuges sur cette
île).
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