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| Histoire
de Saint-Jean-de-Luz |
| XVIIIe
siècle : les guerres en Europe |
Louis XIV meurt le 1er septembre 1715. Ce sera Louis XV qui lui
succèdera.
Dès 1719, une nouvelle guerre éclate. La France
entre en Espagne et prend Fontarrabie. Cette fois, Saint-Jean-de-Luz
n'est pas directement menacée, mais de nombreux marins
de la ville périront lors de la bataille navale qui vit
la défaite cinglante de la marine espagnole.
Cette guerre se termine par un traité, qui, remake du traité
des Pyrénées, prévoit un mariage entre l'infante
d'Espagne et Louis XV.
L'échange des fiancés se fera sur l'Ile des faisans. Ces
derniers passeront ensuite à Saint-Jean dans une ville
en fête. Seule différence par rapport à la
routine, le mariage n'aura finalement pas lieu ! Car l'Europe
va traverser une période cahotique de guerres de successions
entre 1726 et 1763. Les alliances se font et se défont,
la France s'allie à l'Espagne contre une coalition Autrichienne,
Russe et Polonaise, puis c'est l'Angleterre qui s'allie à
la Hongrie contre la France, enfin, les français s'allient
aux... Autrichiens contre l'Angleterre et la Prusse !
Cette série noire s'arrêtera en 1763.
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| XVIIIe
siècle : Saint-Jean-de-Luz, cité corsaire |
Depuis
le XVIe siècle, les rois permettaient, sous certaines conditions,
aux armateurs d'armer leurs navires en vue d'intercepter les bâtiments
ennemis. Ces autorisations étaient délivrées
pour des périodes limitées.
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Les
corsaires
Les armateurs recevaient une lettre de marque permettant
l'attaque des navires sous pavillon ennemi. Ils agissaient
donc au nom de la France (à ne pas confondre
avec les pirates et flibustiers, qui, eux, n'agissaient
que pour eux-même).
Le butin (prises et revente) était en général
réparti ainsi :
après versement d'un cinquième au roi,
le reste était partagé pour deux tiers
à l'armateur et pour un tiers à l'équipage. |
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A Saint-Jean-de-Luz, c'était souvent les thonniers ou les
baleiniers qui étaient ainsi équipés (certains
avec 30 canons !). L'efficacité des marins luziens contribua
beaucoup à la renommée de la ville, et les navires
capturés étaient parfois en tel nombre qu'ils occupaient
une bonne part de la baie...
La
ville n'a pas oublié ses héros, et une plaque
nous
rappelle les noms des plus fameux d'entre eux,
corsaires, marins ou pêcheurs basques. |
Les plus intrépides de ces corsaires étaient tenus
en haute estime, et, aujourd'hui encore, un certain nombre de rues
portent leurs noms.
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La
maison Corchu-Baïta (la maison de corsaire)
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Parmi
les témoignages de cette époque,
citons la maison Corchu-Baïta.
Tout d'abord appelée Chipiennia ("farceur"
en basque), elle changea de nom après avoir
été habité par la veuve d'un
corsaire.
Plus tard, elle servit un temps de résidence
à De Latour d'Auvergne, premier grenadier
de France.

Vous pourrez voir cette belle demeure de style
basque dans la rue Mazarin, non loin de la maison
de l'Infante. |
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Les corsaires de Saint-Jean-de-Luz existèrent pendant plus
de trois cent ans, mais c'est au XVIIIe siècle qu'ils furent
le plus actifs et leurs prises les plus impressionantes. |
| XVIIIe
siècle : les grandes tempêtes |
Saint-Jean-de-Luz
a beaucoup souffert pendant ces conflits. Nombres de marins étaient
embarqués sur des navires de guerre ou de corsaire et ne
revinrent jamais au port. Mais ce n'était pas tout. A la
folie humaine s'ajoutera les colères de l'océan.
Les avancées rocheuses qui protégeaient la baie étaient
victimes de l'érosion. Peu à peu, les vagues s'engouffraient
plus violemment, creusant un peu plus le fond de la baie. Les plages
diminuaient et les vagues étaient toujours plus proches des
habitations. Un cercle vicieux était alors enclenché.
Conscient du fait, les luziens bâtirent une première
digue en 1707. Mais si elle résista à la tempête
de 1748, elle sera emportée l'année suivante. Près
de deux cent maisons sont alors endommagées ou détruites.
On construit alors une nouvelle digue. Elle résiste plus
ou moins à une nouvelle tempête en 1779, mais n'empêche
pas complètement de nouvelles destruction. Et elle est balayée
par la tempête-ouragan de 1789. Un quartier entier, dit de
la Barre, disparaît ! C'est près d'un quart de
la ville qui est amputé. Parmi les bâtiments détruits,
le couvent des Ursulines, dont les fondations sont aujourd'hui au
milieu de la baie...
La
digue de Ciboure, dans le prolongement
du fort de Socoa |
Heureusement, grâce en partie à l'aide financière
de Louis XVI, de grands travaux initiés par Vauban sont entrepris :
digue de 160 mètres entre Socoa et Sainte Barbe (terminée
en 1788), mur de protection sur la plage (1836).
Dans l'ensemble, ce siècle fut très dur pour la ville,
qui y laissa beaucoup de ses forces vives. Entre guerres, courses
de corsaires et tempêtes, la population passa de près
de dix mille habitants en 1720 à moins de trois mille en
1770 !
Les activités de pêches furent également très
diminuées. Les marins manquaient, et de plus, les baleines
étaient de plus en plus rares. La dernière fut chassée
au milieu de ce siècle. |
| XVIIIe
siècle : de la Révolution à Napoléon
Bonaparte |
En
1789, c'est la prise de la Bastille et la Révolution Française.
En 1792, guerre entre la France et l'Espagne, mais, pour une fois,
la ville ne sera que peu affectée.
En 1793, les deux communes de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure fusionnent
sous le nom poétique de Chauvin-Dragon. La même année,
Louis XVI est raccourci d'une tête.
La guillotine sera d'ailleurs installée dans la ville, et
le sinistre instrument verra sa lame descendre une dizaine de fois.
Les années suivantes ne sont que confusion, entre la Terreur
et les guerres contre l'Espagne et contre l'Autriche.
A noter, un petit général Corse qui accumule les victoires,
avant de se rendre à Paris pour le coup d'état de
mars 1799, dit du 18 brumaire.
En 1800, fin du mariage un peu forcé entre Ciboure et Saint
Jean, les deux communes reprenant leur indépendance et leur
nom originel. |
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